Les maquis des Bois Noirs (1ère partie)

Publié le par Henri-Ferréol BILLY

Ce nouvel article, qui paraîtra en deux parties, a pour but d'évoquer de façon assez larges les maquis qui ont existé entre février 1943 et l'été 1944 dans les Bois Noirs.

Mon choix d'utiliser le pluriel m'est apparu nécessaire devant la multiplicité des formations et maquis ayant séjourné dans cette zone de l'Allier située dans la Montagne bourbonnaise, au sud-est de l'Allier et un peu au sud du Mayet-de-Montagne, à cheval sur les départements de l'Allier, de la Loire et du Puy-de-Dôme.

Région des Bois Noirs autour du Mayet-de-Montagne

Les différents documents ou articles écrits sur les maquis de cette zone ne traitent que d'un seul de ces maquis ou formations, occultant toutes les interactions et origines communes des différents maquis de cette zone. A la Libération, deux formations seront homologuées comme formations résistantes : le "Maquis AS-FTP de Châtel-Montagne" et le "Groupe Didier de l'AS/ORA" (qui deviendra le Groupement Roussel). Le "Groupement Roussel et maquis des Bois Noirs" ne sera pas homologué.

Il est quasi impossible de reconstituer tout l'historique, mais nous essaierons au moins de dégager les grandes lignes.

Une formation dès février 1943 :

C'est en février 1943 qu'André MANDART, entrepreneur de maçonnerie à Châtel-Montagne, crée un maquis attentiste de l'Armée Secrète pour accueillir les réfractaires au STO. Il était sous les ordres de Roger KESPY et de MERCIER, tous deux ingénieurs des Ponts-et-chaussées au Mayet-de-Montagne. En avril, le groupe, composé alors de cinquante réfractaires, est coupé en deux.

Début juin 1943, un corps-franc, à but plus combattif est créé au lieu-dit les Ronons sur la commune de Châtel-Montagne. Georges WEISS rejoignit cette formation composée de quinze membres. En faisait également partie Raymond MONCORGE et leur chef : Camille ROUX dit "Charly".

Opération allemande le 22 juin 1943 :

Le 22 juin 1943, les allemands arrêtent à St-Pierre-Laval des personnes ravitaillant les maquis de la Montagne Bourbonnaise, ainsi que deux résistants porteurs d'un émetteur-récepteur : Jean BAPTISTE, sa femme Renée BONIN, Jean CONDAMINE, Roger FROBERT, Jacques MALHERBE, Paul PURAVET et Antoine RICHET. Ils seront tous envoyés en déportation, sauf Paul PURAVET qui sera libéré le 31 juillet 1943.

Effectifs et différents maquis :

Vers septembre 1943, l'effectif total des hommes des différents groupes dispersés dans la zone aurait été de 300 hommes, ce qui constitue un chiffre assez énorme !

Pour tenter d'éclaircir un maximum la situation des différents maquis de la région des Bois Noirs, j'ai créé une carte avec des codes couleurs pour suivre les pérégrinations des différents formations, car leur histoire a été assez chaotique avec de nombreux groupes, des déplacements, etc...

Maquisards réunis dans une ferme de la Montagne Bourbonnaise (photo de Jean-Gabriel SERUZIER)

Maquisards réunis dans une ferme de la Montagne Bourbonnaise (photo de Jean-Gabriel SERUZIER)

L'attaque du 15 novembre 1943 :

Ce jour-là, les GMR lancent une opération de ratissage dans les Bois Noirs. Si la majeure partie des réfractaires parvint à s'enfuir, ils comptèrent malgré tout un mort, quatre blessés et 20 prisonniers.

Suite à cette attaque, les réfractaires STO sont complètements dispersés. Certains en profitent pour se réorganiser.

Mais la répression continue : le 17 novembre, les allemands arrêtent Claude VALLAS, le maire de Lavoine et l'instituteur. Le 22 novembre, François RIBOULET, adjoint au maire de Lavoine est arrêté par la Gestapo. Le 17 décembre, les allemands font une rafle à Saint-Nicolas-des-Biefs et arrêtent une dizaine de personnes parmi lesquels Jean DRIGEARD, Gabriel SENEPIN, André TALVAT, Francisque TALVAT, etc...

Suite dans la 2nde partie :

 

Pour aller plus loin :

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