Animations 39-45 de LACME à Moulins les 18 et 20 juin 2026

Publié le par Henri-Ferreol BILLY

Prochaines conférences qui seront données à l'auditorium de la salle des fêtes de Moulins (entrée libre) : elles s'inscrivent dans le cadre des manifestations organisées sous l'intitulé: "1939-1945 l'Allier dans la guerre, de l'exode à la libération en passant par la ligne de démarcation"

18 juin 2026 18h30 

"Lucien Polimann (1890-1963) : le parcours d'un prêtre député, défenseur de Moulins le 18 juin 1940" : par Gérard Naudy (Professeur d'histoire au Lycée Banville de Moulins)

Lucien Polimann (ou le chanoine Polimann)
Né à Dainville-Bertheléville le 19 novembre 1890 , décédé à Bar-le-Duc, 8 février 1963, est un clerc et un homme politique.
Il se présente dans la circonscription de Bar-le-Duc. Il est élu député de la Meuse, au second tour le 27 août 1933, avec l'étiquette de « l'Union nationale », remportant 57 % des suffrages exprimés. Il a alors 34 ans. Il devient alors le deuxième prêtre à siéger à la Chambre des députés, avec l'abbé Desgranges, élu depuis 1928. Il siège au groupe du Centre républicain. Il a été membre des Croix-de-Feu
Aumônier volontaire militaire en 1914, il est incorporé. Il est aspirant, sous-lieutenant en 1915 puis lieutenant en 1916 au 137e régiment d'infanterie. Il combat à Verdun où il s'illustre lors de l'épisode légendaire de la tranchée des Baïonnettes en juin 1916. Fait prisonnier, il est en captivité en Allemagne jusqu'en 1919. Il revient de la guerre avec la Légion d'honneur et la Croix de guerre 14-18, avec trois citations.
Il est combattant volontaire en 1939-1940. Il commande le 3e bataillon du 294e régiment d'infanterie. Il combattit dans la Meuse puis avec une partie de ses troupes fit retraite jusqu'à Moulins dans l'Allier où il s'illustra le 18 juin 1940 dans la défense du Pont Régemortes -il fera exploser une arche- et du pont de fer (le pont ferroviaire qui franchit l'Allier) ce qui lui vaudra en août 1941, une citation à l'ordre de l'armée par le général Huntzinger, secrétaire d'État à la Guerre et commandant des forces terrestres de l'Armée d'armistice et la rosette de la Légion d'honneur, décernée par le régime de Vichy en 1941
Le 10 juillet 1940, à Vichy, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le 14 juillet, il dit la messe entouré de trois évêques en l'église Saint-Louis de Vichy, en présence de Ph Pétain et du gouvernement.
Il est nommé membre du Conseil national consultatif de Vichy en 1941, membre en 1943 du Conseil départemental et membre du directoire de la Légion française des combattants. Il est titulaire de la Francisque en 1942.
Il est arrêté, interné à la prison de Nancy, jugé du 17 au 19 décembre 1945 par la Cour de justice de Nancy et condamné à 5 ans de réclusion, alors que sa correspondance ainsi que des témoins attestent de ses nombreuses interventions en faveur de personnes, résistantes ou non, menacées d'arrestation ou de déportation. Mais il n'est emprisonné que trois ans, jusqu'en janvier 1948. Il a aussi été condamné à la dégradation nationale à vie mais cette peine a été supprimée par grâce présidentielle en 1947. Il est amnistié en 1953. 

20 juin 2026 18h00 

" Claude Hettier de Boislambert, Grand Chancelier de l’Ordre de la Libération.De la cour martiale de Gannat à son évasion vers Londres."  par Baptiste Airaud (Professeur d'histoire)


         Au lendemain de l’affaire de Dakar, le gouvernement du Maréchal Pétain soucieux d’enrayer la sédition des officiers et des cadres administratifs coloniaux qui ont décidé de répondre à l’appel à la résistance du général de Gaulle décide d’instituer une cour martiale pour qu’ils répondent de leur « félonie ». Cette juridiction d’exception doit siéger au tribunal de Gannat, à quelques kilomètres de Vichy. Son président, le général Duffieux, a pour mission de « juger les personnes qui lui sont déférées par le Gouvernement pour crimes et manœuvres commis contre l’unité et la sauvegarde de la patrie. »
        Le premier procès se tient le 6 janvier 1941. 45 autres inculpés sont ensuite traduits devant la Cour jusqu’au 11 octobre 1941. Un mois plus tard, devant un bilan plus que mitigé – la majorité des peines est prononcée par contumace et n’a guère d’impact – la cour est supprimée.
       Toutefois, une poignée d’inculpés, jugés de manière contradictoire, sont incarcérés dans la prison de Gannat. Leur sort est suivi jusqu’à Londres, à commencer par celui de Claude Hettier de Boislambert, l’un des tous premiers officiers à avoir rallié la France libre.
       Une incroyable entreprise est alors montée pour procéder à son évasion. Un succès organisé par Madame de Bonneval, mère du futur Grand Chancelier de l’Ordre de la Libération qui parvient à mettre en relation la résistance locale et le réseau Alliance.

Salle des fêtes de Moulins

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