Quelles archives pour la seconde guerre mondiale ?

Publié le par Henri-Ferreol BILLY

A l'heure actuelle, les historiens et archivistes se mobilisent contre une loi visant à restreindre l'accès aux archives. La loi rendrait arbitraire l'accès à certains documents "sensibles". Pour en savoir plus, je vous invite à consulter le site de l'association des archivistes français :

Sur la façon de faire des recherches et d'organiser ses recherches, j'ai déjà évoqué la question dans deux articles distincts :

Préambule : c'est quoi une côte d'archive ?

Les archives sont côtées, ce qui permet de les classer, de les identifier et de les retrouver.

Les archives sont liées à la notion de fonds (principe de provenance) et sont conservées, à l'intérieur d'un cadre de classement en séries et sous-séries.
Un fonds d'archives est un ensemble de documents de toute nature constitué de façon organique par un producteur (personne physique ou morale) dans l'exercice de ses activités et en fonction de ses attributions. [...]
Pour trouver un document ou un ensemble de documents, vous devrez préciser sa cote, c'est-à-dire un ensemble de caractères (lettres, chiffres, signes) identifiant chaque article (plus petite unité matérielle d'un fonds) d'un service d'archives et correspondant à sa place dans le cadre de classement ou à son adresse dans les magasins d'archives.

AD du Var

Votre côte, vous la trouverez grâce à un inventaire des archives.

Rechercher des sources individuelles :

La recherche de sources individuelles peut se faire de la même façon que les recherches généalogiques : état civil, fiches matricules, recensement de population (souvent en ligne jusqu'en 1936, sachant qu'il n'y a pas eu de recensement en 1941), registres notariés, etc...

Sur la recherche d'informations sur des résistants ou des civils, je vous renvoie vers mon article sur les dossiers de résistants dans lequel j'ai mis en lien diverses bases de données. A noter que depuis peu on peut consulter les références des dossiers des victimes civiles sur le site Mémoire des hommes.

Les autres sources de la seconde guerre mondiale :

De nombreuses sources sont possibles. Je ne listerais que celles que je connais.

Aux Archives Nationales :

Oui, ça oblige à aller à Paris (Pierrefitte-sur-Seine plus exactement, sur la ligne 13), mais quel bonheur ! Un inventaire en ligne (ci-dessous) permet d'accéder de façon assez facile à de nombreuses pistes de recherches. S'y trouvent notamment les archives des ministères. Vous pourrez notamment y trouver des archives de la DST (sûreté territoriale) sur des meurtres, des attentats ou des informations sur des individus "suspects", des dossiers du ministère de la Justice notamment de la DACG (Direction des Affaires Criminelles et des Grâces) sur des affaires pénales, des rapports de préfets (accessibles directement sur bobines avec possibilité d'enregistrer directement des photos sur clé USB), des rapports d'inspection comme ceux  les archives du comité d'histoire de la 2ème guerre mondiale (72AJ) avec des dossiers par département, chantiers de jeunesse, camps d'internement, etc... les dossiers de carrières des policiers (actuellement à Fontainebleau) devraient être rapatriés l'année prochaine. Bref, vous y trouverez forcément votre bonheur !

Les archives militaires :

Elles sont nombreuses. Le centre le plus connu est le SHD de Vincennes où l'on trouve notamment les dossiers d'homologation FFI. On y trouve également les dossiers d'homologation des formations FFI récemment numérisés et mis en ligne (ci-dessous), les dossiers des formations militaires issues des formations de la résistance (série 13P), les registres de la gendarmerie (série GD E, avec un inventaire en ligne par département). Un guide d'aide à la recherche est disponible en ligne.

Souvent oublié, il y le DCAJM (dépôt central des archives de la justice militaire) au Blanc dans l'Indre. Vous y trouverez les dossiers des tribunaux militaires (d'où le nom). Ce qui veut dire : les tribunaux militaires ayant précédés les cours de justice à la Libération, les dossiers sur les crimes de guerre par les militaires allemands mais aussi les dossiers ouverts contre les FFI. Il n'y a pas d'inventaire et les archives ne sont pas côtées.

Les archives départementales

Elles sont évidemment incontournables. 

Je le distingue en deux types :

-les archives "régionales" : les AD des anciens chefs lieux de région vont posséder les archives collectées à ce niveau en plus des archives purement "locales". On y trouvera les archives du préfet de région (les préfets de région ont été créés sous Vichy), les enquêtes du Service Régional de la Police Judiciaire, les minutes et les dossiers des juridictions d'épuration (cours de justice et chambres civiques), les minutes en appel de la justice, les dossiers des délégués régionaux du SRCGE (service de recherche des crimes de guerre ennemis). Ces dossiers étaient ensuite transmis à la justice militaire (conservés au DCAJM). Au niveau national, les archives du SRCGE sont conservées aux AN (inventaire en ligne).

- les archives "locales" : évidemment les archives du préfet départemental et des sous-préfectures comme les document des RG, les minutes et les dossiers d'assises des juridictions du ressort ainsi que des documents des procureurs de la république, les archives du Comité Local de Libération,...

Les archives des préfectures sont difficiles à exploiter car très variées mais sont extrêmement riches, il ne faut pas hésiter à s'y plonger.

Toutes les AD n'ont pas forcément d'inventaire de toutes les archives mais n'hésitez pas à leur demander afin de faciliter vos recherches

Et à l'étranger ?

Si vous êtes motivé, il y a évidemment des archives à l'étranger, comme en Allemagne. J'ai déjà évoqué les BundesArchiv dans un précédent billet.

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