Jean DEBORDES pendant la guerre

Publié le par Henri-Ferreol BILLY

Dans une série d'articles publiés sur ce blog à compter de mars, je m'étais interrogé sur la "méthodologie" historique de Jean DEBORDES. 

Sur son parcours pendant la guerre, nous n'avons que peu d'éléments. La première trace que nous avions de lui commençait en 1943.

Grâce à des articles qui m'ont aimablement été communiqués, nous pouvons remonter un peu le temps et "découvrir" des aspects soigneusement "oubliés". 

Dès octobre 1942, il écrit dans l'édition de Moulins du journal Le Progrès de l'Allier

Le premier article que nous avons trouvé de lui est paru le 19 octobre 1942 est une enquête "Regards sur la rentrée scolaire" dont la suite paraît le 21 et 22 octobre. Dans le contenu des trois articles de l'enquête (signé Jean DEBORDES ou JD), rien de bien méchant tout d'abord car il tient surtout à montrer comme se passe la rentrée 1942 et le "bricolage" auquel sont parfois confrontées les écoles. Mais dans la 3e partie de l'enquête, un fond plus politique est abordé avec l'interview de l'instituteur BASSINET :

Jean DEBORDES pendant la guerre

Mais les accents les plus maréchalistes se font sentir dans la toute dernière partie de l'article et notamment la conclusion qu'en fait DEBORDES. Jugez vous même :

Jean DEBORDES pendant la guerre

Le 10 novembre, nouvel article cette fois sur l'apprentissage où la forme de l'interview permet, de nouveau, de rappeler les pensées du maréchal.

Jean DEBORDES pendant la guerre

Le 28 novembre, nouvelle enquête pour Le Progrès dans la continuité d'une lettre publiée dans l'édition des 14 et 15 novembre. Cette lettre, d'un travailleur en Allemagne vente tous les bienfaits de la protection dont ils bénéficient face aux bombardements alliés. On savourera particulièrement ce passage :

Jean DEBORDES pendant la guerre

Dans la foulée de la publication de cette lettre paraissent une série d'articles intitulés "Ce que tout travailleur partant pour l'Allemagne doit savoir" (on imagine leur contenu), série qui sera "close" par une enquête publiée le 28 novembre et signée "JD" rapportant les Impressions d'un Moulinois bénéficiaire de la Relève. Celui-ci (en excellente santé !) aurait travaillé en Allemagne dans des conditions quasi idylliques avec de la nourriture en quantité suffisante, horaires respectés (7h-12h et 14h-20h en été et 8h-12h 14h-17h en hiver). Evidemment, la conclusion vise à faire taire les mauvaises langues.

Jean DEBORDES pendant la guerre

On peut noter deux autres enquêtes les 16 et 19 novembre avec à chaque fois des phrases rappelant l'œuvre du régime. Ainsi, à propos des assistantes sociales, il écrit que leur place "montre l'effort qui doit être accompli dans la voie du redressement moral et matériel du pays." Dans la bouche du président de la chambre des métiers, il écrit que ce dernier assurait le préfet "du dévouement de tous les artisans au gouvernement et à son chef, le Maréchal."

Il y a sûrement d'autres reportages de ce type, mais je me suis arrêté au 28 novembre. En guise de conclusion, on pourra relever avec saveur que Jean DEBORDES incitait au départ en Allemagne alors que lui-même, concerné car de la classe 1940, y a échappé...

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J
Peu à peu je découvre votre blog et y trouve grand intérêt.
Longue vie !
Cordialement.
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H
Merci à vous